Cho-Ma du haut Donaï. Carte postale du Cochinchine, 1909

Cette carte postale du Cochinchine de 1909 montre une peuplade Cho-Ma, plus couramment appelée Moï, terme péjoratif  vietnamien voulant dire « sauvage » et couramment utilisé à l’époque.

Il s’agit d’une peuplade Mnong, dont faisaient partie ceux qui ont assassiné Henri Maitre. Voici ce qu’en dit l’Encyclopedia Universalis :

« Tribus de langue môn-khmer, les Mnong, ou Moï, sont appelés Proto-Indochinois ou Montagnards, par opposition aux Vietnamiens (hommes des deltas et des basses terres) ; le nom moï (sauvage en vietnamien), péjoratif, n’est plus employé.

Les Mnong pratiquent le ray ou nuïz (culture sur brûlis), abandonnent le champ à la forêt après une ou deux récoltes créant ainsi un déplacement annuel des cultures, le village étant l’unité politique fondamentale. Les territoires mnong se situent au sud de la chaîne Annamitique, au sein d’une aire occupée par des groupes de langue malayo-polynésienne (Rhadé, Jarai). Les Mnong pratiquent la cueillette, la pêche et la chasse ; ils élèvent de la volaille, des porcs, des chiens, mais l’élevage du buffle revêt le plus d’importance, cet animal étant la bête la plus coûteuse et la plus recherchée pour les sacrifices. Les différentes phases du travail agricole, la construction des cases, la pêche et la chasse sont accomplies collectivement. Le Mnong consomme beaucoup de bière de riz, surtout lors de sacrifices ; les femmes et les hommes fument le tabac.

L’économie mnong est une économie fermée, mais les « biens de puissance » sont fournis par les colporteurs cambodgiens et vietnamiens. Jusqu’à nos jours, dans la plupart des tribus, l’abrasion des dents de devant (de la mâchoire supérieure) est encore pratiquée (les dents de la mâchoire inférieure n’étant qu’épointées).

L’habitation mnong est la case soit de grande taille (mnong gar), soit de petite taille (mnong rlam) ; l’organisation sociale est de type patrilinéaire et patrilocal. La vie religieuse repose sur la croyance en la multiplicité des âmes et en les innombrables génies ; l’exécution des rites est strictement limitée au cadre familial ; les rites agraires ont une place de choix. La littérature orale est extrêmement développée : mélopées décrivant la vie quotidienne, épopées des origines et des mythes de la création. Le sacrifice des buffles prend valeur de propitiation, de manifestation d’échange et d’alliance.

Les Mnong ont été décimés par les guerres d’Indochine : alors que vers 1950 leur population était estimée à 1 200 000 personnes, ils ne seraient plus que 72 000 au tout début du XXIe siècle, dont 20 000 au Cambodge. »

Yvan BARBÉ, « MNONG  », Encyclopædia Universalis

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Publié dans : Non classé |le 19 décembre, 2014 |Pas de Commentaires »

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